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Face à la forte progression des boissons énergisantes en France, un rapport parlementaire recommande dâen interdire la vente aux moins de 16 ans. Les auteurs pointent des effets nocifs possibles chez les enfants et adolescents, ainsi quâun marketing jugé très offensif. | ||||
| La vente de boissons énergisantes aux moins de 16 ans pourrait être interdite en France. Câest lâune des principales recommandations dâun rapport parlementaire dévoilé mercredi 7 octobre, alors que ces produits connaissent une forte progression, en particulier auprès des jeunes. Les députés Sandrine Runel (PS, Rhône) et Yannick Neuder (LR, Isère), rapporteurs dâune mission dâinformation sur le sujet, estiment que les risques sanitaires pour les mineurs justifient un encadrement plus strict. Leur travail doit nourrir des amendements au projet de budget de la Sécurité sociale pour 2027. Un marché en forte croissance Selon le rapport, le marché des boissons énergisantes est passé de 180 millions dâeuros en 2016 à 780 millions dâeuros en 2025. Ces boissons, composées notamment de caféine, de taurine et de sucre, mettent en avant des effets stimulants sur les plans physique et intellectuel. Les marques les plus citées dans le rapport sont Red Bull, Monster et Crazy Tiger. Les auteurs mentionnent aussi lâarrivée récente de Ciao Energy, lancée en juin par les créateurs de contenus Devant la commission des Affaires sociales de lâAssemblée, Yannick Neuder a dénoncé un marketing très agressif : [q]"Le marketing est sans limite pour taper lâimaginaire des jeunes."[/q] Des risques jugés réels chez les enfants et adolescents Le rapport précise que ces boissons ne présentent pas de risque sanitaire pour la population générale lorsquâelles sont consommées en quantité raisonnable. En revanche, chez les enfants et les adolescents, leur consommation peut, selon les auteurs, "bel et bien engendrer des effets nocifs". En France, plusieurs effets indésirables ont déjà été signalés, notamment des symptômes cardiovasculaires ou psychologiques. Dâaprès les éléments cités, ces situations sont principalement liées à une consommation excessive de caféine, parfois associée à une prise dâalcool. Pour Sandrine Runel, lâobjectif est aussi préventif : [q]"Lâidée est de faire de la pédagogie pour expliquer aux jeunes quâils nâont pas besoin de ces boissons sucrées pour se maintenir en forme et lutter contre la fatigue."[/q] Les rapporteurs recommandent donc dâinterdire la vente de boissons énergisantes aux moins de 16 ans et de les retirer des distributeurs automatiques. Une mesure contestée par le secteur Le Syndicat des boissons sans alcool (SBSA) rejette cette proposition. Dans un communiqué, il qualifie la mesure dâ"arbitraire dénuée de tout fondement" et affirme quâ"aucune donnée ne justifiait une interdiction de vente aux moins de 16 ans". Le syndicat met en avant une charte de bonnes pratiques adoptée par ses adhérents, qui prévoit lâabsence de ciblage publicitaire des enfants de moins de 15 ans. Plusieurs pays européens ont déjà mis en place une interdiction de vente aux moins de 16 ans, notamment la Lituanie, la Roumanie et la Norvège. LâAngleterre prévoit de le faire à partir dâavril 2027. Le rapport vise aussi certaines boissons alcoolisées La mission parlementaire sâest également penchée sur les boissons alcoolisées prêtes à boire, comme les canettes de Vody, présentées comme un mélange de vodka, café et taurine. Les rapporteurs les jugent "nocives pour la santé" et estiment quâelles atteignent ou dépassent souvent la dose quotidienne recommandée en un seul contenant. Ils soulignent aussi leur attractivité auprès des jeunes, en raison de leur marketing et de leur prix. Selon Yannick Neuder, ces produits semblent particulièrement présents dans certains territoires socialement fragiles, notamment dans des quartiers défavorisés et en Outre-mer, en particulier en Guadeloupe. Le rapport recommande dâétendre la taxe "prémix" à toutes les boissons alcoolisées prêtes à boire titrant plus de 12% dâalcool. Il propose aussi de renforcer lâinterdiction de vente dâalcool aux mineurs, jugée insuffisamment appliquée, avec la possibilité de mener des tests de vente sur des mineurs. Sur la publicité, les auteurs considèrent enfin que la législation nâest pas adaptée aux réseaux sociaux et demandent la fin de lâautorisation de la propagande et de la publicité en faveur des boissons alcooliques sur les services de communication en ligne. France Assos Santé soutient un durcissement rapide. "Il y a urgence à agir", a plaidé Stéphanie Pierre, qui dénonce des boissons alcoolisées prêtes à boire comme des "bombes pour la santé" bénéficiant dâune forte promotion sur les réseaux sociaux par des influenceurs. FAQ Que propose le rapport parlementaire sur les boissons énergisantes ? Il recommande dâinterdire leur vente aux moins de 16 ans et de les retirer des distributeurs automatiques. Pourquoi les députés veulent-ils mieux encadrer ces boissons ? Parce que plusieurs effets indésirables, notamment cardiovasculaires et psychologiques, ont été signalés en France, surtout en cas de consommation excessive de caféine. Le rapport concerne-t-il aussi lâalcool ? Oui. Il vise aussi certaines boissons alcoolisées prêtes à boire, avec des propositions sur la fiscalité, la vente aux mineurs et la publicité en ligne. Dâautres pays ont-ils déjà interdit la vente aux moins de 16 ans ? Oui. Le rapport cite la Lituanie, la Roumanie et la Norvège. LâAngleterre prévoit une telle interdiction à partir dâavril 2027.
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